Rester ou partir : comment décider, quand on n'y arrive pas
Un jour vous partez, le lendemain vous restez. Dans votre tête, en tout cas. Vous en avez assez de tourner en rond. Cet article ne vous dira pas quoi faire. Il peut vous aider à trouver votre réponse.

Il y a des jours où tout paraît clair. Puis il ou elle fait un geste gentil, ou vous vous disputez encore, et tout bascule dans l'autre sens. Cette question peut prendre une place énorme. On y pense dans le métro, sous la douche, à trois heures du matin.
Commençons par une chose simple : aucun article et aucun proche ne peut répondre à votre place. Rester peut être un choix courageux. Partir aussi. Le but ici, c'est que votre décision soit vraiment la vôtre.
D'abord, une exception : votre sécurité
Tout ce qui suit suppose que vous pouvez réfléchir sans danger. S'il y a des coups, des menaces, un contrôle de vos sorties, de votre téléphone ou de votre argent, ou si vous avez peur de sa réaction, la question n'est plus de sauver le couple. Vous n'avez pas besoin de peser le pour et le contre.
Le 3919 est gratuit et anonyme. On y écoute les victimes de violences conjugales et leurs proches, et on peut vous orienter. En cas d'urgence, appelez le 17.
Si la situation vous pèse au point de penser à vous faire du mal, appelez le 3114. C'est gratuit, 24 h sur 24.
Pourquoi c'est si difficile de décider
- Vous perdez quelque chose dans les deux cas. Rester, c'est renoncer à une autre vie possible. Partir, c'est renoncer à celle-ci.
- Vous avez investi des années. On se dit qu'on ne peut pas avoir fait tout ça pour rien. Pourtant, ces années ont compté, quelle que soit la suite.
- Vous avez peur. De la solitude, du regard des autres, de faire du mal, de vous tromper.
- Vous ressentez deux choses vraies en même temps. On peut aimer quelqu'un et être malheureux(se) avec lui ou avec elle.
Hésiter longtemps ne veut pas dire que vous êtes faible. Ça veut dire que c'est important.
Les moments où il vaut mieux ne rien décider
En dehors d'une situation de danger, évitez de trancher :
- Juste après une grosse dispute, avec la colère encore dans le ventre.
- Dans les semaines qui suivent un deuil, une naissance, une perte d'emploi.
- Quand vous êtes à bout de fatigue, sans une vraie nuit depuis des semaines.
- Sous la pression de vos proches, qui vous répètent ce qu'ils feraient à votre place.
- Parce qu'une autre personne attend votre réponse.
8 questions pour y voir plus clair
Répondez par écrit, plusieurs fois, à quelques jours d'intervalle. Ce qui revient est souvent ce qui compte.
- Qu'est-ce qui doit changer pour que vous ayez envie de rester ?
- Le lui avez-vous déjà dit clairement, avec des mots simples ?
- Est-ce que lui ou elle a envie de faire sa part ? Comment le voyez-vous concrètement ?
- Qui êtes-vous dans ce couple ? Vous aimez-vous, dans cette version de vous-même ?
- Si la peur de la solitude disparaissait, que choisiriez-vous ?
- Si l'argent et l'organisation n'étaient pas un problème, que choisiriez-vous ?
- Est-ce plutôt lui ou elle que vous voulez quitter, ou votre vie actuelle ?
- Si un ami vivait exactement la même chose, que lui souhaiteriez-vous ?
Et votre couple, où en est-il ?
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Faire le test gratuit →Rester ou partir : ce qui peut peser de chaque côté
Ces repères n'ont rien d'un verdict. Ils peuvent vous aider à mettre des mots sur ce que vous vivez.
Il reste du respect entre vous. Vous pouvez vous dire des choses difficiles. Vous n'avez pas encore vraiment essayé de changer ce qui ne va pas. Ou vous choisissez d'essayer, en sachant pourquoi, et pas seulement par peur.
Vous avez déjà essayé, seul(e) ou à deux, et rien ne bouge. Vous n'avez plus envie d'essayer, depuis longtemps. Vous vous sentez mieux, durablement, quand il ou elle n'est pas là. Ou vous ne vous reconnaissez plus dans cette vie.
Vous pouvez vous retrouver un peu dans les deux. C'est fréquent. Dans ce cas, la méthode ci-dessous peut vous aider.
Une méthode simple pour sortir du flou
Choisissez une date dans quelques semaines ou quelques mois, pour faire le point. D'ici là, vous arrêtez de décider chaque matin. Ce simple cadre peut déjà vous soulager.
« Je ne suis pas bien dans notre couple. Pour moi, ces deux choses doivent changer. » L'autre ne peut pas répondre à ce qu'il ou elle ignore. Choisissez un moment calme.
Un conseiller conjugal, un vrai changement au quotidien, du temps à deux. Vous saurez au moins que vous avez essayé. Certains couples retrouvent un élan, d'autres confirment ainsi leur envie de se séparer. Les deux issues donnent une réponse.
Une ligne par jour, pendant la période que vous vous êtes fixée. Votre humeur du moment vous trompe parfois. Trois semaines de notes, beaucoup moins.
Vos proches vous aiment, et ils ont souvent déjà choisi. Un psychologue ou un conseiller conjugal vous aidera à entendre ce que vous pensez, vous. Vous pouvez y aller seul(e).
Et les enfants ?
C'est souvent la question la plus douloureuse. Il n'y a pas de réponse qui vaille pour toutes les familles. Rester pour eux peut avoir du sens pour certains parents. D'autres pensent que leurs enfants iront mieux s'ils voient deux parents apaisés, même séparés.
Un enfant sent souvent plus de choses qu'on ne le croit. Quel que soit votre choix, vous pouvez veiller à ne pas le mettre au milieu, à ne pas lui demander de prendre parti, et à ne pas en faire votre confident. Un psychologue peut vous aider à trouver les mots.
Les questions de divorce, de garde, de logement ou d'argent relèvent d'un professionnel. Elles ne sont pas traitées ici.
Quand la décision est prise
Même une décision juste peut faire mal. Si vous restez, il faudra sans doute du temps pour que la confiance revienne. Si vous partez, la tristesse peut coexister avec le soulagement. La peine qui suit ne prouve pas que vous vous êtes trompé(e).
Ce qu'il faut retenir
Vous n'avez à vous justifier auprès de personne, ni pour rester, ni pour partir. Prenez le temps, sauf si vous êtes en danger. Dites ce qui compte, essayez ce qui peut l'être, faites-vous accompagner si besoin. Et si vous ne savez même plus ce que vous ressentez, commencez par lire « Je ne sais plus si je l'aime ».
Questions fréquentes
Comment savoir s'il faut quitter son conjoint ?
Aucun signe unique ne le dit. Regardez ce que vous ressentez sur plusieurs semaines, ce que vous avez déjà essayé, et ce que l'autre est prêt à changer. Une seule exception : s'il y a violences, menaces, contrôle ou peur, la priorité est votre sécurité. Le 3919 est gratuit et anonyme.
Faut-il rester pour les enfants ?
Il n'y a pas de réponse valable pour toutes les familles. Certains parents restent et trouvent un nouvel équilibre, d'autres se séparent et s'en portent mieux. Vous pouvez en parler avec un psychologue ou un médecin, qui vous aidera à penser à ce dont vos enfants ont besoin.
Est-ce que je vais regretter de partir ?
Personne ne peut le savoir d'avance, et on peut avoir de la peine même en ayant fait le bon choix pour soi. La tristesse après une décision ne prouve pas que la décision était mauvaise. Prendre le temps de réfléchir avant de décider limite les regrets.
Combien de temps se donner pour décider ?
Il n'y a pas de bon délai. Beaucoup de personnes ont besoin de plusieurs semaines ou de plusieurs mois. Fixer vous-même une date pour faire le point évite de tourner en rond. Sauf en cas de danger : là, on ne se donne pas de délai, on se met à l'abri.
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Faire le test →Résultat immédiatCet article donne des repères pour le quotidien d'un couple. Il ne remplace pas l'aide d'un professionnel. Si vous traversez une crise grave ou des violences, parlez-en à un professionnel (violences conjugales : 3919, gratuit et anonyme ; urgence : 17).

