Crise & séparation · 6 min de lecture

Après une rupture, que faire ? Tenir, se reconstruire, et ne pas insister

Les premiers jours, tout fait mal : le téléphone silencieux, le lit trop grand, les phrases qu'on refait dans sa tête. Voici ce qui aide, ce qui aggrave la douleur, et comment savoir s'il est raisonnable de reprendre contact.

Une jeune femme seule, assise à son bureau, sourit en regardant son téléphone
Un matin ordinaireOn ne choisit pas le jour où le sourire revient.

Il est 1 h du matin. Vous avez écrit un message, vous l'avez effacé, vous l'avez réécrit. Vous regardez à quelle heure il ou elle s'est connecté(e) pour la dernière fois. Vous savez que ça ne vous fait pas de bien. Vous le faites quand même.

Une rupture peut faire mal physiquement. Boule au ventre, plus d'appétit, réveils à 4 h. Que vous l'ayez décidée ou subie, vous avez le droit d'être très mal. Vous n'avez rien à prouver à personne, et surtout pas que vous allez bien.

Après une rupture, ce qu'il vaut mieux éviter

Une précision. Ne plus écrire n'est pas une technique pour faire revenir l'autre. C'est simplement ce qui vous permet d'aller mieux, et ce qui respecte sa décision.

On croit chercher une réponse. Le plus souvent, on cherche à ce que ça s'arrête.

Comment tenir les premiers jours

Vous n'avez pas besoin d'un plan de vie. Vous avez besoin de passer la journée.

1 · Revenir aux bases

Manger quelque chose, même peu. Prendre une douche. Sortir dix minutes. Se coucher à une heure à peu près normale. Ça paraît ridicule, et c'est ce qui vous tient debout.

2 · Prévenir une ou deux personnes

Pas tout le monde. Quelqu'un à qui dire : « Ça ne va pas fort. Je peux t'appeler le soir, cette semaine ? » Vous avez le droit de répéter la même chose dix fois.

3 · Éloigner le téléphone de la plaie

Masquez ses publications. Archivez la conversation. Changez le fond d'écran. La nuit, posez le téléphone dans une autre pièce. Moins vous avez de chances de tomber sur lui ou sur elle, mieux c'est.

4 · Écrire sans envoyer

Ouvrez une note, et écrivez tout : la colère, les questions, les « et si ». Ne l'envoyez pas. Relisez-la dans quinze jours, si vous en avez envie.

5 · Préparer les moments durs

Le dimanche soir, le retour dans l'appartement vide, le coucher. Prévoyez une chose à ce moment-là : un appel, une marche, un film déjà choisi.

6 · Laisser venir la tristesse

Pleurer n'est pas reculer. Vous pouvez vous donner un moment pour ça, puis aller faire autre chose. Elle reviendra, et elle repartira.

Si la douleur devient trop lourde, si vous pensez à mourir ou à vous faire du mal, appelez le 3114, gratuit, 24 h sur 24. Quelqu'un vous répondra.

Si l'autre vous menace, vous suit, vous harcèle ou vous fait peur, ne restez pas seul(e). Le 3919 est gratuit et anonyme. En cas d'urgence, appelez le 17.

Se reconstruire après une rupture

Ça ne se fait pas en ligne droite. Vous irez mieux, puis une chanson au supermarché vous remettra à terre. C'est normal, et ça ne veut pas dire que vous repartez de zéro.

Si vous ne dormez plus, si rien ne vous fait plaisir depuis un moment, parlez-en à votre médecin ou à un psychologue. Ce n'est pas exagéré. Une rupture est une vraie perte.

Reprendre contact : est-ce raisonnable ?

Personne ne peut garantir un retour. Ni un article, ni un coach, ni une méthode en sept étapes. Ce qui se passera ne dépend pas que de vous.

Une chose règle la question d'emblée. Si l'autre a demandé de ne plus être contacté(e), ce choix doit être respecté. Pas de message pour dire au revoir, pas d'appel masqué, pas de visite surprise, pas de proche envoyé à votre place. Insister peut constituer du harcèlement, et cela peut faire très peur à la personne qui le reçoit.

S'il y a eu des violences, des menaces ou du contrôle, ne reprenez pas contact sans en avoir parlé au 3919.

Si rien de tout cela ne s'applique, posez-vous ces questions, honnêtement et à tête reposée.

  1. L'autre a-t-il ou elle clairement laissé une porte ouverte ?
  2. Est-ce que je peux supporter un non, ou pas de réponse du tout ?
  3. Est-ce que je veux lui dire quelque chose, ou le ou la faire changer d'avis ?
  4. Suis-je calme, ou est-ce que j'écris pour que ça fasse moins mal ce soir ?
  5. Qu'est-ce qui serait différent, concrètement, par rapport à avant ?

Si vous hésitez sur plusieurs réponses, attendez encore. Si vous décidez d'écrire, un seul message suffit, sans pression :

Et vous tenez parole. Un message, pas de relance. Si vous avez des enfants ensemble, limitez les échanges à ce qui les concerne.

Ce qu'il faut retenir

Après une rupture, le plus utile est aussi le plus difficile : arrêter de regarder du côté de l'autre, pour un temps, et vous occuper de vous. Mangez, dormez, appelez quelqu'un. Le reste ne se commande pas, et vous n'avez pas à aller mieux plus vite que vous ne pouvez.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour se remettre d'une rupture ?

Il n'existe pas de durée normale. Cela dépend de la relation, de la façon dont elle s'est terminée et de votre entourage. Si au bout d'un long moment vous n'arrivez plus à manger, dormir ou travailler, parlez-en à un médecin ou à un psychologue.

Comment récupérer son ex ?

Il n'existe aucune méthode fiable, et personne ne peut garantir un retour. Si l'autre a demandé de ne plus être contacté(e), ce choix doit être respecté : insister peut constituer du harcèlement. Le plus utile est de prendre soin de vous.

Faut-il supprimer son ex des réseaux sociaux ?

Vous n'êtes pas obligé(e) de le ou la supprimer, mais masquer ses publications aide souvent. Regarder ce qu'il ou elle fait relance la douleur et empêche de tourner la page.

Peut-on rester ami(e) après une rupture ?

Parfois, si vous en avez envie tous les deux, et généralement pas tout de suite. Une amitié qui sert à garder un espoir fait souffrir. Laissez d'abord passer du temps, et respectez la réponse de l'autre.

Vous n'êtes pas seul(e) à traverser ça

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Cet article donne des repères pour le quotidien d'un couple. Il ne remplace pas l'aide d'un professionnel. Si vous traversez une crise grave ou des violences, parlez-en à un professionnel (violences conjugales : 3919, gratuit et anonyme ; urgence : 17).