Crise & séparation · 6 min de lecture

Pardonner une infidélité : est-ce possible, et faut-il le faire ?

Vous avez découvert une infidélité, ou on vous l'a avouée. Depuis, tout tourne en boucle. On vous dit de pardonner, ou de partir. Vous n'êtes obligé(e) à rien, et surtout pas ce soir.

Un couple dans son lit le soir : elle, en pyjama, lit un livre, lui est tourné de l'autre côté
Le soir, aprèsLe même lit. Et des questions qui ne dorment pas.

Il y a l'avant, et il y a ce moment-là : un message aperçu, un aveu dans la cuisine, un détail qui ne colle pas. Ensuite, tout ce que vous pensiez savoir est remis en question. Votre histoire, les dernières semaines, parfois vous-même.

Disons-le tout de suite : vous n'êtes pas responsable du choix de l'autre. Même si votre couple allait mal, d'autres chemins existaient. Et vous n'avez aucune obligation de pardonner.

Ce que vous ressentez n'a rien d'exagéré

Après une infidélité, certaines personnes ne dorment plus, ne mangent plus, ou repassent les mêmes images en boucle. D'autres se sentent anesthésiées. Certaines passent de la rage à l'envie d'être prises dans les bras dans la même heure. Il n'y a pas de bonne façon de réagir.

Si ça dure, si vous ne dormez plus ou que vous n'arrivez plus à fonctionner, parlez-en à votre médecin. Vous avez le droit d'être aidé(e), quelle que soit votre décision.

Vous n'avez rien à décider tout de suite

Dans les premiers jours, tout le monde a un avis. « Moi, je serais partie sur-le-champ. » « Après tant d'années, il faut savoir pardonner. » Vous pouvez laisser ces phrases là où elles sont. Sauf danger, rien ne vous oblige à trancher dans la semaine.

Faites plutôt le minimum utile : dormir, manger, vous confier à une ou deux personnes de confiance. Choisissez-les bien, car ce que vous direz restera. Et si vous avez eu des rapports avec votre partenaire, un dépistage des infections sexuellement transmissibles est une précaution simple, à voir avec votre médecin ou un centre de dépistage.

Pardonner une infidélité : ce que ça veut dire, et ce que ça ne veut pas dire

Pardonner, c'est oublier.
Pardonner, c'est ne plus laisser cette histoire décider de chacune de vos journées. Vous vous en souviendrez quand même.
Pardonner, c'est dire que ce n'était pas grave.
C'était grave. On peut pardonner quelque chose de grave, ou décider de ne pas le faire.
Pardonner, c'est forcément rester.
On peut pardonner et se séparer. On peut aussi rester sans avoir encore pardonné.
Le pardon n'est pas une dette que vous devez à l'autre.

Les étapes, quand on essaie de surmonter une infidélité

Ces étapes ne se suivent pas sagement. On avance, on recule, on recommence. Certains couples s'arrêtent en route, et c'est aussi une réponse.

  1. Le choc. On tient comme on peut. Ce n'est pas le moment des grandes conclusions.
  2. La vérité. L'autre répond franchement, sans minimiser et sans distiller les aveux au compte-gouttes.
  3. La fin de l'histoire parallèle. Une vraie fin, et pas une pause. Sans ça, rien ne peut se reconstruire.
  4. La colère et la peine. Elles ont besoin d'être entendues. Parfois longtemps.
  5. Comprendre ce qui s'est passé. Chercher à comprendre ne revient pas à excuser. La responsabilité de l'infidélité reste à celui ou celle qui l'a commise.
  6. La décision. Continuer, ou non. En sachant pourquoi.
  7. Si vous continuez, la reconstruction. De nouvelles habitudes, un nouveau rapport à la confiance. Une promesse ne suffit pas, il faut du temps et des actes.

Et votre couple, où en est-il ?

Un test en 8 questions pour savoir s'il est en pilote automatique. 2 minutes, anonyme, résultat immédiat.

Faire le test gratuit →

Ce qui aide vraiment

Une responsabilité assumée

« Je t'ai fait du mal. C'est moi qui ai fait ce choix. » Cette phrase n'efface rien. Mais sans elle, il est très difficile d'avancer.

Des réponses vraies, à votre rythme

C'est vous qui choisissez ce que vous voulez savoir. Quand, combien de temps, comment. Avant de demander un détail intime, demandez-vous s'il vous aidera ou s'il viendra seulement vous hanter la nuit.

Une transparence proposée

L'autre peut dire où il ou elle se trouve, prévenir d'un retard, répondre sans s'agacer. Offerte librement et pendant un temps, cette transparence rassure. Fouiller son téléphone chaque soir, en revanche, épuise souvent la personne qui fouille.

Le droit d'aller mal encore

Une date, une chanson, un nom peuvent tout rouvrir, même bien plus tard. L'autre doit pouvoir l'entendre, sans répondre « tu ne vas pas recommencer ».

Un tiers

Un thérapeute de couple ou un conseiller conjugal cadre des conversations presque impossibles à tenir seuls. Vous pouvez aussi y aller seul(e), pour vous, sans avoir décidé quoi que ce soit.

Les phrases qui font encore plus mal

Si c'est vous qui avez trompé et que vous lisez cet article, voici ce qu'il vaut mieux éviter.

« Ça n'a rien représenté. » « C'est du passé, on avance. »
« Si tu avais été plus présent(e), je n'en serais pas là. »
« Tu as le droit d'être en colère. Je reste là pour répondre, aussi longtemps qu'il le faudra. »

Quand ça ne marche pas

Vous pouvez avoir tout essayé, et ne pas y arriver. Ce n'est pas un manque de générosité de votre part. Ça peut aussi s'arrêter parce que :

Partir ne veut pas dire que vous avez échoué à pardonner. Rester ne veut pas dire que vous manquez de fierté. Pour y réfléchir, voici comment décider de rester ou de partir.

Une infidélité n'excuse jamais la violence

Ni de la part de celui ou celle qui a trompé, ni de la part de celui ou celle qui a été trompé(e). S'il y a des coups, des menaces, un contrôle de vos sorties, de votre téléphone ou de votre argent, ou si vous avez peur, la question n'est plus de sauver le couple.

Le 3919 est gratuit et anonyme, pour les victimes de violences conjugales et leurs proches. En cas d'urgence, appelez le 17.

Si la douleur devient insupportable, si vous avez des idées noires ou des pensées suicidaires, appelez le 3114. C'est gratuit, 24 h sur 24.

Ce qu'il faut retenir

Certaines personnes pardonnent une infidélité. D'autres non. Vous n'avez à vous justifier ni dans un cas, ni dans l'autre. Commencez par vous occuper de vous, prenez le temps qu'il faut, et ne laissez personne fixer le calendrier à votre place.

Questions fréquentes

Peut-on vraiment pardonner une infidélité ?

Certaines personnes y parviennent, d'autres non, et aucune de ces issues n'est un échec. Le pardon n'est pas une obligation. Il demande souvent du temps, et que la personne qui a trompé assume ce qu'elle a fait.

Combien de temps faut-il pour se remettre d'une infidélité ?

Il n'y a pas de durée normale. Cela peut prendre des mois, souvent davantage. Les retours de colère ou de tristesse, même tardifs, ne veulent pas dire que vous n'avancez pas.

Faut-il tout savoir sur l'infidélité ?

Vous avez le droit de poser vos questions et d'obtenir des réponses vraies. Mais les détails intimes peuvent revenir vous hanter. Avant de demander, demandez-vous : est-ce que cette réponse m'aidera, ou me fera seulement plus mal ?

Pardonner, est-ce que ça veut dire rester ?

Non. On peut pardonner et se séparer. On peut aussi rester sans avoir encore pardonné. Ce sont deux décisions différentes, et vous pouvez les prendre à des moments différents.

Votre couple est-il en pilote automatique ?

8 questions pour faire le point, avec votre profil et des conseils adaptés. Gratuit, anonyme, 2 minutes.

Faire le test →Résultat immédiat

Cet article donne des repères pour le quotidien d'un couple. Il ne remplace pas l'aide d'un professionnel. Si vous traversez une crise grave ou des violences, parlez-en à un professionnel (violences conjugales : 3919, gratuit et anonyme ; urgence : 17).